On aime aller les après-midis dans les ateliers des peintres, les voir travailler. La semaine dernier j’ai été chez Francisco Trujillo. Au milieu de la jolie pagaille des tubes de peinture ouverts et le futoir des pinceaux et des torchons il etait la, cherchant toujours l’ordre secret de l’ouvre, comme l’alchimiste rêve. Ses paroles m’ont donné des indications sur le sens de la quête ou de l’enquête, comme dirait Jean-luc Godart.
-Trujillo:
Je donne de l’importance à la couleur et à la forme par elle-mêmes. Je travaille sur les rapports entre les couleurs, l’emotion, cherchant à exprimer une sensibilite intérieure. Je suive que rythmes, formes, couleurs, vibrations. Il me semble que la demarche de l’artiste s’apparente à celle du mystique ou du cientifique. Il veulent tous, chacun a leur manière, connaitre le monde, au-dela de la realité, pour dècouvrir un ordre donc on a l’intuiion, même si on ne le voit pas. Ce que on apelle beaute est peut- être l’intuition d’un verite, une experience du fait d’être. L’art est un exercise spirituel avant d’être un exercise technique. Plutôt que de posséder une savoir-faire technique, on cherche avant tout à exprimer quelque chouse.
– Tes tableaux m’apparaissent comme un kalédoscope des signes sacrés, totémiques, figures des rêves anciens… lui ai-je dit.
– Il me repondit:
– Je ne suis jamais senti comme faisant partie d’une quelconque école de peinture, mais on pourrait dire que je m’approche de “l’abstraction lirique”, ou me considérer comme un magique-abstrait, ou comparer mon travaille à l’écriture spontanée… avec le matériaux, les formes, les taches, la couleur, les blancs, les lignes elliptiques, le vide, je cherche à montrer un univers.. tout est la, dans notre interiorité… l’art n’est que l’expression de nos aspirations d’ordre spirituel…
– Et la couleur dorée?
– L’or est la couleur de la lumiére. L’or est la couleur que sirve à exprimer le sacré. Les alchimistes voyaint dans l’or la perfection, ils sentaient la divinite dans ce métal. La lumiere est là, sur la terre… Toutes les cultures, et parmi elles les precolombiennes ont utilisé l’or pour ses objets rituels, et pour ses creations magico-religieuses… J’ai aussi un tendence à être prés du monde minéral, j’aime les couleurs de la terre, les ocres, ils m’approchent de la nature, d’un état primordial…
Dialogue écrit à Paris le mardi 12 d’octobre 1997, aprés avoir visité l’atelier de Francisco Trujillo.
Julio OLACIREGUI.


